Les catastrophes minières du bassin de Saint-Étienne, de l'Ondaine et du Gier

 
Ici, nous ne parlerons que des accidents importants et des catastrophes qui ont été retenus par l'histoire. Le nombre de victimes indiqué est, dans la mesure du possible, avéré par la consultation de l'état-civil et/ou du rapport d'accident, ce qui a permis d'établir la liste nominative des victimes et de constituer une base de données pour que ces malheureux ne soient plus anonymes.
Lorsque les actes de naissance ou de mariage ont pu être consultés, c'est l'orthographe de ceux-ci qui a été validée, dans le cas contraire le patronyme est noté tel qu'il est inscrit sur l'acte de décès. Parfois les noms ont été relevés sur les rapports d'accident sans être retrouvés dans l'état-civil, ces noms portent la mention "Abs" dans le champ lieu de naissance.
Consulter la base de données.
Cette liste contient 1190 noms ce qui peut paraître beaucoup mais les catastrophes s'étalent sur un siècle et demi. Souvenons-nous du coup de grisou de Courrières (Pas-de-Calais) qui fit, le 10 mars 1906, officiellement 1099 morts !
Si l'on s'intéresse à la provenance des mineurs, la base de données permet de montrer que la moitié des morts (555) sont originaires de la Loire, 195 de la Haute-Loire, 109 de l'Ardèche et 87 d'autres départements de la métropole. Venant des colonies ou de l'étranger, 113 morts dont 33 polonais, 27 italiens, 21 marocains. 131 noms ne mentionnent pas de lieu de naissance car ils ont été relevés sur les rapports d'accident ou sur des actes illisibles.

Les catastrophes ont marqué l'histoire minière de la région mais, malgré leur aspect "spectaculaire", elles ne représentent qu'une faible partie des accidents miniers. Le nombre de morts ou de blessés dans des accidents quotidiens est probablement très élevé. En 1892, dans un rapport sur le grisou, Henry Le Chatelier indiquait que les mineurs tués par le grisou ne représentaient que 20% des morts par accident.

Les catastrophes dans la région de 1810 à 1968 :

- Le 5 novembre 1810 à 1 h, explosion au puits Charrin à Grand-Croix alors commune de Saint-Paul-en-Jarez, 12 morts.

- Le 21 mars 1820, inondation dans la carrière Micolon-Peyret au Bois-Monzil à Villars, 10 morts.

- Le 8 novembre 1823 au puits Moïse à Rive-de-Gier, coup de grisou, 10 morts.

- Le 2 janvier 1829 à 8 h, coup de grisou au puits Sainte-Barbe à Rive-de-Gier, 23 morts.

- Le 2 février 1831, le puits Robinot au Bois Monzil à Villars est inondé 8 mineurs périssent noyés, les corps de 2 d'entre eux ne seront pas retrouvés.

- Le 9 septembre 1839 à midi, coup de grisou dans un puits de la Côte Thiollière, commune de Saint-Jean-Bonnefonds, 20 morts.

- Le 26 octobre 1840 à 13 h, explosion au puits de l'Ile d'Elbe (puits Vellerut) sur la commune de La Cula devenue Génilac après fusion avec Saint-Genis-Terrenoire en 1973. Sur les 38 morts enregistrés cette année-là dans cette petite commune, 31 sont des mineurs tués ce jour-là et le plus jeune n'avait que 10 ans.

- Le 18 octobre 1842 à 8 h, explosion au puits Charles à Firminy, 12 mineurs sont tués sur le coup, 2 blessés mourront le lendemain.

- Le 21 janvier 1847 à 1 h, incendie au puits Saint-Claude à Méons, commune d'Outre-Furan, 7 morts par asphyxie dont l'ingénieur en second, Joseph Brenier 25 ans. Six mois plus tard, le feu était encore actif. Félix de Villaine fut alors nommé ingénieur et lutta pendant deux ans contre l'incendie.

- Le 26 mars 1851 à 23 h, explosion au puits d'Avaize alors sur la commune de Saint-Jean-Bonnefonds, 11 morts.

- Le 26 mai 1861 vers 20 h, explosion de grisou au puits de la Pompe à Saint-Étienne, 19 morts.

- Le 18 avril 1863 à 15 h, explosion au puits Charrin à La Grand-Croix, 24 morts.

- Le 11 octobre 1867 vers 10 h, coup de grisou au puits Beaunier à Villars, 39 morts.

- Le 20 mai 1869 vers 2 h au puits Monterrad au Chambon-Feugerolles, explosion de grisou, 14 mineurs sont tués dans ce puits et un au puits Saint-Thomas communiquant, le plus jeune avait 12 ans et demi.

- Le 24 août 1869 vers 6 h 30 dans ce même puits Monterrad, une nouvelle explosion fait 19 morts dont 5 n'avaient que 14 ans. Ce puits n°1 sera remplacé en 1870 par le puits Monterrad n°2.

- Le 8 novembre 1871 à 20 h, coup de grisou au puits Jabin, 70 morts sur les 92 mineurs au fond. 67 noms ont pu être retrouvés dans l'état-civil, les derniers corps ont été remontés le 10 janvier 1872. En savoir plus sur cette catastrophe.

- Le 4 février 1876 à 21 h 30, malgré une puissante ventilation mécanique et de nouvelles lampes de sécurité, nouveau coup de grisou et coup de poussières au puits Jabin, 186 morts et 12 blessés sur 211 mineurs alors au fond, 180 noms ont été retrouvés à l'état-civil, le dernier acte est daté du 6 avril, quelques corps n'ont pas été retrouvés. En savoir plus sur cette catastrophe.

- Le 14 octobre 1878, coup de grisou au puits Sainte-Barbe à Rive-de-Gier, 9 morts.

- Le 24 décembre 1879 à 14 h 30, au puits Dolomieu à Roche-la-Molière, 19 morts par asphyxie suite à un incendie, parmi lesquels 7 sauveteurs.

- Le 27 décembre 1880 vers 14 h, au puits Adrienne au Chambon-Feugerolles, 11 morts asphyxiés suite à un incendie.

- Le 17 mai 1881 à 6 h 30, explosion au puits Sagnat à Roche-la-Molière, 12 mineurs sont blessés, 8 mourront de leurs blessures les jours suivants.

- Le 7 juin 1886 à 5 h 15, une benne monte trop haut et s'écrase contre les poulies au puits Ambroise, 7 morts et 3 blessés.

- Le 1er mars 1887 à 8 h, explosion au puits Chatelus appartenant à la compagnie de Beaubrun et situé rue Marthourey près du Clapier. Le compte-rendu du procès indique 78 morts, 13 noms seulement apparaissent dans l'état-civil. On parle aussi de la catastrophe du puits de la Culatte car les deux puits communiquaient, le puits Chatelus étant le puits d'extraction, celui de la Culatte étant le puits d'aération par lequel les mineurs descendaient.

- Le 3 juillet 1889 à 11 h 45, explosion au puits Verpilleux, sur 214 mineurs présents, 206 sont morts et 3 ont été blessés. Il faut ajouter un sauveteur tué et 3 blessés. 139 noms seulement ont été retrouvés dans l'état-civil. En savoir plus sur cette catastrophe

- Le 29 juillet 1890 à 18 h 15, explosion au puits Pélissier, 113 morts, 40 blessés. En savoir plus sur cette catastrophe. Quelques jours plus tard, le 4 août deux flambées firent 4 blessés, 3 n'ont pas survécu.

- Le 6 décembre 1891 à 12 h 15, explosion au puits de la Manufacture, houillères de Saint-Étienne, 62 morts selon le rapport d'accident, 61 noms retrouvés à l'état-civil, 10 blessés.

- Le 28 août 1899 au puits Couchoud à La Grand-Croix, une rupture de câble entraîne la chute d'une cabine, 16 morts.

- Le 10 novembre 1907 au puits Rambaud à Côte Chaude, une cage qui descendait 7 mineurs heurte une benne d'eau qui remontait, tous les hommes chutent au fond du puits et sont tués.

- Le 22 juin 1908, 8 cadavres sont découverts par l'équipe de 6 heures du matin au puits Montmartre n°2 à Saint-Étienne. Un rescapé est remonté mais il meurt peu après. Ainsi, 9 ouvriers descendus combattre un incendie qui couvait depuis une quinzaine de jours sont morts asphyxiés par le monoxyde de carbone le 21 juin.

- Le 17 octobre 1911, un incendie éclate au puits du Bardot à Saint-Étienne. Après les premiers travaux d'urgence, l'ingénieur Albert Baup et une trentaine d'ouvriers descendent dans le puits le 18 pour achever le travail et faire barrage au feu. En début d'après-midi, une violente explosion a eu lieu faisant 27 morts dont Albert Baup, 34 ans. On parle de la catastrophe du puits des Flaches car les corps ont été remontés à la surface par ce puits.

- Le 30 juin 1928 à 7 h 30, le feu se déclare au puits Combes à Roche-la-Molière, 48 mineurs asphyxiés. Les lampes à flamme se sont éteintes et les mineurs se sont retrouvés dans l'obscurité provoquant une ruée mortelle. L'enquête notera que l'utilisation de lampes électriques aurait évité un grand nombre de victimes.

- Le 12 mars 1938 à 17 h, 4 mineurs meurent ensevelis au puits Dolomieu à Roche-la-Molière.

- Le 7 octobre 1939 vers 13 h 30, au puits de la Loire n°1, un court-circuit a déclenché un coup de grisou suivi d'un coup de poussières, 36 morts.

- Le 21 janvier 1942 à 4 h, un coup de poussières tue au moins 65 mineurs au puits de la Chana entre Saint-Étienne et Villars. En savoir plus sur cette catastrophe.

- Le 23 août 1944, catastrophe au puits Mars, on parle de 9 morts, 6 mineurs décédés à l'hôpital sont portés à l'état-civil.

- Le 18 janvier 1955 au puits Monterrad à Firminy, coup de grisou, 8 morts.

- Le 3 mai 1968 vers 9 h 45, coup de poussières au puits Charles à Roche-la-Molière, 6 morts.

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