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Rue du Brûlé |
![]() Plan de situation |
Date de dénomination : 07.11.1988, ancien chemin vicinal du Brûlé.
La rue a remplacé le chemin vicinal qui, autrefois, aboutissait au hameau, aujourd'hui disparu, du Brûlé sur la commune de Saint-Étienne. Le lieu-dit du Brûlé (ou du Vieux Brûlé) à La Ricamarie fut dramatiquement célèbre pour la fusillade du 16 juin 1869. Malgré de nombreuses revendications concernant la réduction de la journée de travail et l'augmentation des salaires et devant l'absence de résultats, les mineurs du bassin de Firminy commencent la grève le 11 juin. Celle-ci va s'étendre d'abord à l'Ondaine puis à tout le bassin minier. Les événements se concentrent autour des puits Devillaine, Marseille et de l'Ondaine des Houillères de Montrambert et de la Béraudière et la troupe est appelée pour protéger les puits. Les mineurs voulant empêcher le départ de transports de charbon vers les aciéries Dorian - Holtzer, la troupe intervient et, devant la résistance des grévistes, en début d'après-midi, le Capitaine Gausserand fait procéder à quelques dizaines d'arrestations. Le transfert de ces prisonniers vers Saint-Étienne devait se faire discrètement par le chemin de la Béraudière mais la nouvelle s'étant répandue, la foule est venue massivement demander la libération des mineurs. L'affontement a eu lieu dans un chemin creux (devenu la tranchée rouge) à hauteur du hameau des Maures près du puits Caintin (Quintin) et la fusillade laissa à terre 13 morts. Michel Rondet, qui participa à la grève et à la manifestation du 16 juin, fut condamné comme meneur à 7 mois d'emprisonnement. Suite à une lettre adressée au Maire de Saint-Étienne par 14 conseillers municipaux demandant le départ de la troupe et publiée dans L'Éclaireur du 20 juin, le Préfet de la Loire suspend le conseil municipal et nomme une commission, présidée par Benoît Charvet maire, qui le remplacera du 26 juin 1869 au 4 septembre 1870. |
Cet événement tragique inspira Rémy Doutre qui écrivit la même année "La Ricamarie"
Ils réclamaient leurs droits par une grève immense, Nos courageux mineurs aux traits noirs mais riants, Plus de bras au travail, donc un morne silence Règne autour de leurs puits, naguère si bruyants. Mais, hélas ! tout à coup la fusillade tonne, Puis on entend des cris de douleur et d'effroi ! La poudre est en fumée et le clairon résonne, Onze frères sont morts en réclamant un droit. (Refrain) Soldats, lorsque vous massacrez des frères sans défense, Vous êtes des bourreaux. On a tué l'enfant dans les bras de sa mère, Égorgé lâchement une femme à genoux, Un paisible vieillard qui défrichait sa terre À ce moment fatal servit de cible aux coups Mais voilà sur le sol et dans le sang qui coule Vont se mêler les pleurs que versent leurs parents Consternée autour d'eux, on voit aussi la foule Muette de terreur devant leurs corps sanglants (Refrain) La cour de l'hôpital est pleine de victimes De morts et de blessés, de simples curieux On se dit en pleurant, quel était donc leur crime Pour tomber à jamais sous les coups furieux ? Ici c'est l'orphelin qui pleure père et mère Une femme en sanglots auprès d'un corps d'enfant Là-bas un ouvrier qui reconnaît son frère Parmi tous ces débris de chair morte et de sang (Refrain) Vers le champ du repos un funèbre cortège Immense et menaçant porte douze cercueils On pleure, on pleure encore, on entend, le dirais-je Des lamentations dans les tristes recueils On parlera longtemps soldats de ce « fait d'arme » À vous vos souvenirs, triste célébrité Mais il se peut qu'un jour vous versiez sang et larmes Souvenez-vous alors du mot fraternité (Refrain) Voilez d'un crêpe noir les couleurs de la France Le drapeau pour lequel sont morts tant de héros Vous avez massacré des frères sans défense Vous n'êtes plus soldats, vous êtes des bourreaux. Le refrain original très patriotique n'était plus chanté, le voici : Soldats, quand vous frappez l'ennemi de la France Dans un loyal combat, vous êtes des héros ; Mais quand vous massacrez vos frères sans défense, Vous n'êtes plus soldats, vous êtes des bourreaux. |
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