Pétrus Richarme

 
Pierre dit Pétrus Richarme est né à Rive-de-Gier le 18 septembre 1833 (consulter le registre). Resté célibataire, il a été propriétaire directeur de la verrerie Richarme, maire de Rive-de-Gier entre 1870 et 1873, conseiller général du canton de Rive-de-Gier, député de la 3e circonscription de la Loire de 1876 à 1881, Chevalier de la Légion d'honneur en 1878. Il est mort le 9 juin 1892 à Paris 17e.

La famille Richarme a été composée de meuniers, de menuisiers, de forgeurs mais surtout de verriers. On peut remonter à Michel Richarme, né à Rive-de-Gier le 2 mars 1724, meunier qui épouse Antoinette Gelas (21.08.1720 - 24.04.1803), à Rive-de-Gier le 14 mai 1743. Il meurt à Rive-de-Gier le 29 juillet 1800. Ils auraient eu 10 enfants tous nés à Rive-de-Gier, parmi lesquels, on peut citer :
- Denis, né le 3 juillet 1749 qui épouse Marie Bajard à Rive-de-Gier le 29 août 1780, il est alors meunier mais sera plus tard aubergiste. Il est le père de Jean-François et le grand-père de Fleury Richarme, fabricant de rubans qui a une rue à Saint-Étienne.
- Charles, né le 18 septembre 1754, forgeur qui épouse, à Rive-de-Gier le 11 juillet 1780, Antoinette Belingard. Il meurt à Rive-de-Gier le 25 août 1788.
- Jacques, né le 22 janvier 1757, menuisier qui épouse, à Rive-de-Gier le 21 juillet 1783, Catherine Danis. Il meurt à Rive-de-Gier le 11 juillet 1838.

Ce dernier couple aurait eu 8 enfants dont l'aîné, Michel, né à Rive-de-Gier le 21 novembre 1783, est propriétaire d'une verrerie au moment de son mariage à Seyssuel-et-Chasse (Isère) le 8 octobre 1828 avec Jeanne dite Jeannette Léotard. Ce sont les parents de Pétrus. Michel fondera la société Richarme frères avec ses cadets Pierre (1793-1864) et Benoît (1802-1850). Il meurt à Rive-de-Gier le 17 décembre 1856.

La verrerie Richarme s'est établie dans le quartier d'Égarande à Rive-de-Gier en 1826, elle était spécialisée dans la fabrication de bouteilles. En 1867, on trouve la Société des verreries de la Loire et de la Drôme, Richarme frères avec trois usines, à Rive-de-Gier, à Assailly (Lorette) et à Valence ainsi que plusieurs entrepôts en France et en Italie. Ils fabriquent alors également des verres plats.

Descendants de Michel Richarme et Jeanne Léotard, tous nés à Rive-de-Gier :

- Catherine née le 15 novembre 1829 a épousé, à Rive-de-Gier, le 7 mai 1856, Barthélémy Louis Claudius Dériard, négociant. Leur fils, Auguste Antoine Jean Michel, naît à Lyon le 26 février 1857, il héritera de son oncle Pétrus. Catherine meurt à Lyon 5e le 19 juillet 1909.
- Jean né le 6 juin 1831 meurt le 29 avril 1832.
- Marie-Claire née le 12 août 1832 meurt le 8 septembre 1832.
- Pétrus, vu plus haut.
- Antoine Benoit né le 23 juin 1837 meurt le 12 janvier 1842.
- Marguerite Pulchérie née le 10 septembre 1838 a épousé Étienne François Marrel, elle meurt le 20 février 1917.
- Françoise Philomène Étiennette née le 27 février 1840 a épousé Charles Marrel, elle meurt le 30 janvier 1897.

En 1882, d'autres verriers de Rive-de-Gier, les frères Laurent, ouvrent une verrerie à Veauche pour fournir des bouteilles à la source Badoit. Pétrus Richarme, mécontent de ce manque à gagner, achète, en 1883, la source Noël à Saint-Galmier et menace d'y construire une verrerie. Le directeur est un ingénieur des mines, Pierre Balthazar Maussier, cousin germain de Pétrus Maussier. Une longue négociation aboutit en 1893 à un rachat de la source Noël par la Compagnie Badoit et à un accord entre les deux verreries pour se partager le marché.

Pétrus Richarme a fait reconstruire la verrerie en 1877 et fait installer des fours à gaz de coke permettant des coulées en continu sur 24 heures. Il a vécu plusieurs années et jusqu'à son décès, entre Rive-de-Gier et Paris où il rencontrait Marie Colombier, actrice et romancière. Cette liaison n'était pas du goût des soeurs de Pétrus, en particulier de l'aînée, probablement également jalouse des mariages de ses cadettes. Ses dernières années furent ainsi assombries par un long conflit avec ses trois beaux-frères lui reprochant une mauvaise gestion des affaires familiales.
Dans son testament, il laisse trois-quarts de ses revenus en usufruit à Marie Colombier et la nue-propriété à son neveu, Auguste Dériard, fils de sa soeur aînée Catherine. Ce dernier devient gérant de l'entreprise qui se transforme en "Société anonyme des verreries Richarme à Rive-de-Gier et source Noël à Saint-Galmier". Au décès de Pétrus, la famille, aidée par des financiers, fit en sorte qu'il n'y ait plus de bénéfices afin de ruiner cette compagne non désirée.

En 1916, la société Souchon-Neuvesel de Givors (future BSN puis Danone) devient majoritaire dans la verrerie Richarme ce qui entraîne le rapprochement avec Veauche car la société Richarme était un gros actionnaire de Badoit.
Plus tard, la production a décliné en même temps que l'extraction du charbon et l'usine a fermé en 1958 avant d'être démolie.

Caricature de Pétrus Richarme signée Étienne Carjat 1863, BM Saint-Étienne

Publicité dans une journal daté d'octobre 1883
Retour page d'accueil