Place Jacquard  

Plan de situation
Date de dénomination : 21.07.1857, ancienne grande place de Montaud.

Si l'on en croit l'acte de mariage des grands-parents à Couzon (Couzon-au-Mont-d'Or, Rhône) sur lequel on peut lire Isaac Charles fils de Barthélémy Charles dit Jacquard et d'Anne Garin, tailleurs de pierre... le nom de Jacquard n'est qu'un surnom permettant de distinguer deux branches de la famille. C'est pourtant ce nom qui sera retenu par l'histoire.
Joseph Marie, fils de Jean Charles Jacquard, maître fabricant d'étoffes d'or et de soie et d'Antoinette Rive, liseuse de dessins pour ces étoffes est né à Lyon le 7 juillet 1752 (consulter le registre) et mort à Oullins le 7 août 1834 (consulter le registre).

À peine Joseph a-t-il commencé à apprendre le métier auprès de son père que sa mère meurt à l'âge de 38 ans le 15 juillet 1762. Il va alors exercer divers métiers dont ceux de l'imprimerie chez son beau-frère, Jean Marie Barret qui a épousé sa soeur aînée Clémence le 20 janvier 1765.
À 20 ans, il hérite de l'atelier de son père disparu à l'âge de 48 ans le 16 avril 1772. Comprenant la pénibilité du travail, il cherchera à perfectionner les métiers à tisser existants.
Le 26 juillet 1778, c'est sous le nom de Joseph Charles dit Jacquard qu'il épouse Claudine Boichon en l'église Notre-Dame de la Platière à Lyon. C'est aussi sous le nom de Charles dit Jacquard que naît Jean Marie, le 18 avril 1779, paroisse Saint-Vincent..
Endetté, Jacquard part travailler dans une carrière du Bugey. Il prend plus tard les armes contre la Convention puis s'échappe avec son fils de 16 ans et s'engage dans l'armée du Rhin. Son fils sera tué.
Il va alors se consacrer entièrement à son invention et présente, en 1801, une première machine dite "tireuse de lacs" c'est-à-dire les différents cordages du métier à tisser, tirage qui se faisait alors à la main. Il reçoit un brevet d'exploitation de cette machine de 10 ans. Il passe l'année 1803 au Conservatoire des Arts et Métiers à Paris puis revient à Lyon. Le premier métier fut monté en 1806. Le 27 octobre 1806, la municipalité lui accorde une pension viagère de 3000 F reversible pour moitié à son épouse, à condition qu'il cède à la ville toutes ses machines et inventions et qu'il consacre tout son temps et tous ses travaux au service de la ville. Il est alors directeur des ateliers à l'hospice de l'Antiquaille.
Chevalier de la Légion d'honneur en 1819. Son épouse meurt à Oullins le 14 juillet 1825 à l'âge de 74 ans.
Le monument en son honneur, à Saint-Étienne, a été inauguré le 21 avril 1912 après d'âpres discussions lors du choix entre les maquettes de Louis Lamberton et de Paul Landowski.
Généalogie succincte de Joseph Marie Jacquard
Portrait de Joseph Marie Jacquard, musée d'art et d'industrie

Monument à la mémoire de Joseph Marie Jacquard, restauré en février 2014 par l'atelier Anne-Cécile
A gauche, présentation du métier à tisser à une commission. A droite, émeute des ouvriers au chômage

Le monument avant restauration

La vie de Jacquard de l'autre côté du monument

Détail des bas-reliefs avant restauration
Le lisage

Jacquard construit le modèle de son métier

La passementerie

Buste

Le monument a été financé par Pierre Deville dans son testament et une souscription publique

Le monument est l'œuvre de Paul-Maximilien Landowski (1875-1961) grand prix de Rome en 1900
Ce sculpteur est plus connu pour être l'auteur du Christ Rédempteur du Corcovado à Rio de Janeiro (1931)

Le monument a été inauguré en 1912 comme ne l'indique pas cette date en chiffres romains puisqu'il devrait être écrit MCMXII

Projet de monument réalisé par Joseph Louis Lamberton

La première statue en bronze, oeuvre de Denis Foyatier, élevée vers 1840 a été fondue en 1942
En 1947 est inaugurée une copie en pierre, oeuvre d'Antoine Elie Ottavy (1887-1951), place de la Croix-Rousse (BM de Lyon)

Portrait de Jacquard sur soie - ©The Metropolitan Museum of Art
Tissé en 1839 par Michel-Marie Carquillat (1803-1884) chez Didier, Petit et Cie à Lyon
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