Famille Mellet-Mandard

 

L'orthographe du nom n'est pas très assurée si l'on remonte à Benoît Mellier ou Meller et Antoinette Patissier de la paroisse de La Roche. Un de leurs enfants, Pierre, va venir s'installer à Saint-Just-sur-Loire. Son nom est encore Meller lors de son mariage à Saint-Just-sur-Loire le 21 novembre 1757 avec Claudine Perrin. Il n'est alors que journalier mais va devenir marinier puis marchand et voiturier d'eau.

Parmi les enfants du couple, les quatre garçons vont se partager le travail dans l'entreprise parternelle. L'aîné, Martin né le 24 février 1766, va en prendre la tête et s'installera à Paris, Jean, né le 27 août 1769, restera à Saint-Just-sur-Loire, les deux autres s'installeront à Roanne et à Briare. Sur les actes de baptême, le nom est orthographié avec un seul L, exemple : "Jean fils légitime à Pierre Melet marinier demeurant au lieu du Pont paroisse de St-Just-sur-Loire et de Claudine Perrin sa femme né hyer a été baptisé le jourd'hui vingt huitième août mil sept cent soixante neuf...". On remarque également l'absence du nom Mandard.

Le nom de Mandard apparaît pendant la période révolutionnaire dans un laissez-passer attribué à "Martin Mellet dit Mandard". Ainsi, sur l'acte de mariage de Jean, apparaît Mellet-Mandard qui épouse Julie Brochard le 17 brumaire an XIII (08.11.1804) à Saint-Haon-le-Châtel. Il a 35 ans, habite au Pont et est négociant. Son épouse a 24 ans, demeure à Saint-Haon-le-Châtel et est la fille de Philiberte Berry-Labarre qui appartient à une famille de voituriers d'eau. Les deux familles vont presque monopoliser tout le commerce sur la Loire.

Jean Mellet-Mandard, va faire le commerce du charbon arrivant à l'époque par chariot de Roche-la-Molière. Le charbon était chargé sur des bateaux à fond plat, appelés rambertes ou sapines, d'environ 25 m de long et 4 m de large, transportant jusqu'à 35 tonnes. Ces bateaux descendaient la Loire jusqu'à Roanne et, ne pouvant remonter, étaient vendus comme bois de charpente ou de chauffage. On estime qu'il fallait 10 sapins pour construire une ramberte ce qui n'a pas été sans conséquence sur la forêt. Entre 1704 et 1858, 250000 rambertes ont transporté 12 millions de tonnes de charbon.
Parallèlement au commerce du charbon, il y avait un commerce du vin. La production locale de vin était vraisemblablement consommée sur place mais les vins du Languedoc et de la vallée du Rhône étaient transportés sur les rambertes.

Jean Mellet-Mandard fut maire de Saint-Just-sur-Loire de 1804 à 1816. Il est mort dans sa ville le 19 juillet 1826 (consulter le registre). Une ordonnance du roi Charles X datée du 24 septembre 1828, autorise la ville de Saint-Just-sur-Loire à accepter la donation de la veuve et des héritiers de Jean Mellet-Mandard, soit un terrain de 95 ares pour construire une église, un presbytère et établir le cimetière.

Son fils Jean Pierre, né à Saint-Just-sur-Loire le 21 juillet 1811 (consulter le registre), sera, lui aussi, maire de sa ville de 1842 à son décès, survenu le 16 août 1872 (consulter le registre). Le 18 septembre 1856, au Puy-en-Velay, il épouse Françoise Adolphine Anna Noémie de Veyrac, fille du Baron Jacques Maurier de Veyrac et de Françoise Agathe Laure Lemaugin d'Apchier.

La mise en service, en 1827, de la première ligne de chemin de fer d'Europe continentale entre Saint-Étienne et Andrézieux va dynamiser le commerce et Jean Pierre Mellet-Mandard fera fortune. En savoir plus sur les premières lignes... Sans enfant, il a légué à la commune ses propriétés et de l'argent pour fonder un nouvel hospice, aujourd'hui maison de retraite qui porte son nom. Son buste se trouve avenue Mellet-Mandard, avenue percée sur ses terrains, et il est qualifié de bienfaiteur de Saint-Just-sur-Loire.

Buste de Jean Pierre Mellet-Mandard à Saint-Just-sur-Loire
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